Terra & Antiterra


Accueil arrow Ici Antiterra, à vous Terra... arrow Velorution ? 
27-04-2018
Menu principal
Accueil
Culture
Pérégrinations et vagabondages
Ici Antiterra, à vous Terra...
Famulus
- - - - - - -
Menu utilisateur
TOUS |0-9 |A |B |C |D |E |F |G |H |I |J |K |L |M |N |O |P |Q |R |S |T |U |V |W |X |Y |Z


"Que ne ferait-on pas pour éviter aux cyclistes de rouler sur les routes qu'on ne sécurise pas !"
Véloroutes et Voies “Vertes” :
"Que ne ferait-on pas pour éviter aux cyclistes de rouler sur les routes qu'on ne sécurise pas !"


  

 Cette phrase piquée dans le reportage sur la Loire à vélo dans l’excellent blog d’Isabelle (http://isabelleetlevelo.20minutes-blogs.fr/archive/2011/09/09/le-piege-de-saint-nazaire.html#more ) résume si bien la situation ! Et nous fait réagir :

    En effet ! Véloroutes et voies vertes sont pires que l'enfer ... car elles sont pavées de ... “bonnes intentions” délibérément fallacieuses. Ce sont des ghettos pour cyclistes qu'on a créés pour que les cyclistes cessent d'emm…. les automobilistes. Et pour faire la “communication” des notables locaux ! Un des moyens employés par les présidents des Conseils Généraux et Conseils Régionaux pour mettre leur patte personnelle sur tout ce qu'ils réalisent avec ... l'argent du contribuable.
    C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi on n'a jamais pu faire adopter en France le système de balisage routier universel qui existe en Suisse. Ce type de balisage est pourtant plus utile aux cyclistes que toutes les véloroutes et voies “vertes” : sur tout le territoire national suisse et sur tous les poteaux de signalisation directionnelle on trouve de haut en bas les panneaux : autoroute, route, vélo direct (liseré rouge), vélo tourisme (fond rouge) et tout en bas en jaune : itinéraires pédestres. C’est concret, pratique pour le cycliste et  en plus cela démontre à chaque carrefour à l’automobiliste qu’il n’est pas l’unique et tout puissant utilisateur des routes.

    Véloroutes et voies vertes ont été promues sous l'influence de lobbies (soi-disant cyclistes : SUSTRANS, ECF...) par l'Union Européenne, dans le même esprit qui a présidé à toutes ces merveilleuses institutions européennes : BCE, PAC, contrats de détachement ... etc. Institutions qui ont toutes la même caractéristique : servir des intérêts financiers spéculatifs -et souvent délictueux- tout en échappant à tout contrôle démocratique. Voir ces “fonds structurels" du Feder qui ont permis de financer –parmi tant d’autres réalisations inutiles - ces magnifiques véloroutes perdues dans les forêts du Mecklenburg et qui vous laissent au bout de trois km  dans un entrelac de sentiers sablonneux. Voies cyclables qui font le pendant à tant d'autres belles infrastructures réalisées avec les mêmes fonds européens comme cette autoroute en Calabre affermée à Ndrangheta par petits tronçons et qui ne sera jamais achevée .

    Il y a de quoi enrager quand on voit par exemple les sommes dépensées en vallée du Rhône pour la véloroute "Viarhona" et en Franche-Comté pour cette fameuse Voie dite “Verte” du lac de St Point. Et quand de l’autre côté on constate la misère des aménagements cyclables dans les villes de ces régions (mais c'est le même tableau dans toutes les régions de France).

    Et surtout quand on constate dans le même temps que les déplacements automobiles ne cessent de croître en dépit de la soi-disant crise de l’énergie. Des centaines de milliers de gens font quotidiennement dans notre beau pays des trajets de 100 km en voiture pour venir de leurs campagnes ou de leurs banlieues lointaines travailler en ville (en Franche-Comté ils vont travailler en Suisse : 150 km par jour sur des routes enneigées en hiver !).
Et ceci avec bien souvent des contrats précaires de mission à temps partiel sur une base en dessous du salaire minimum : ce qui leur fait dépenser chaque jour 10 € de carburant (soit 20 € de coûts réels d'usage) pour gagner à peine 40 € !
Il est vrai que les loyers en cambrousse désertifiée ou en banlieue "défavorisée" (sic!) sont moins chers qu'en ville, et que pour fournir le carburant nécessaire on table sur les "agro-carburants" (bonjour la faim dans le monde!) ou l' "électrique" (bonjour Fukushima!). Quelle société est la nôtre ! Une société où l’on peut bouffer du carburant pour aller dans une salle de « fitness » se payer l'agrément de pédaler sur une machine ou de marcher sur tapis roulant, tandis que des gens crèvent de faim devant des champs destinés aux agro-carburants  … il est vrai que c'est ailleurs dans le monde ... pour l'instant du moins !

    Véloroutes et voies vertes ne sont réalisées que pour faire diversion, pour masquer l'amplification de la motorisation individuelle suscitée par l’extension anarchique des villes et les délocalisations incessantes des zones d’emploi. Voyez les résultats des enquêtes transports en France : si la part du vélo stagne dans les déplacements quotidiens, la part de l'auto ne cesse d'augmenter. Et le ferroviaire régresse continûment : le réseau ferré français couvre trois fois moins de kilomètres qu'il y a 75 ans …. et ne parlons pas du transport des vélos par les trains (alors que cela marche en Suisse, et dans l'Europe du Nord !).

    Quand on a passé vingt ans de sa vie professionnelle à démontrer dans toutes sortes d'instances (colloques nationaux et internationaux sur les transports, Journées du Club des Villes Cyclables, conférences internationales Velocity etc ...) la nécessité de réduire l'impact de l'automobile sur la vie des gens, on ne peut qu'être furieux de voir comment le problème a été détourné. Les véloroutes et voies “vertes” sont un élément de cette stratégie de détournement.

    Que les cyclistes cessent d'être naïfs : ce pseudo remède est pire que tout. Il est vain de vouloir toujours « positiver » comme l’époque a dressé les gens à le faire. Vain de croire qu'on pourra “améliorer” ces voies cyclistes : elles ne sont là que "pour faire semblant".  Loire-Danube ou Léman-Méditerranée feront toujours bien sur le papier (c'est du cyclable virtuel). Mais à côté de ces quelques itinéraires "européens" qui dans vingt ans ne seront  toujours pas vraiment et complètement cyclables hormis pour quelques balades du dimanche pour les automobilistes du quotidien, vous continuerez à risquer tous les jours votre vie en circulant à vélo dans votre ville et dans ses environs.
Car ce qui compte pour les concepteurs de ces “merveilleuses "voies : c'est le “concept”. Un concept qui se présente comme une alternative « écolo », et qui n’est qu’une pseudo-alternative qui n’existe que pour servir ceux qui tablent sur un développement sans cesse accru de l’automobile. Un « concept » qui est de plus facilement vendable aux médias (ah, les belles pages dans la revue du Conseil Général !). La réalité du terrain ne compte pas : les trous, les interruptions non sécurisées, les « tourniquets » impraticables sur les merveilleuses véloroutes de Nantes à Budapest, ils s’en foutent (les élus n’y feront qu’un petit tour le jour de l’inauguration, quand la TV régionale sera là).

    Pourquoi les cyclistes devraient-ils se résoudre à laisser aux automobilistes l’usage de tout le réseau routier (en plus des autoroutes et autres voies rapides qu’on a construit uniquement pour l’automobile) ? Pourquoi les cyclistes devraient-ils éviter ces milliers de routes (dont beaucoup sont bien plus intéressantes que ces quelques itinéraires où l’on veut les confiner) ? Quand on pense aux centaines de milliers de kilomètres de routes -et de routes à faible trafic- que compte la France, le pays d'Europe qui a plus de kilomètres de routes par km2 de territoire!  Des milliers de kilomètres de petites routes où circulent moins de quelques centaines de voitures par jour (exemple entre mille : de Bouvières à St-Nazaire-le-Désert moins de 15 véhicules par jour !).


    Si l’on voulait véritablement inciter les gens à utiliser le vélo pour se déplacer, ce qu'il faudrait faire est pourtant simple : il suffirait de sécuriser sur dix kilomètres les routes existantes à la sortie des villes. Cela servirait à la fois pour les déplacements quotidiens et aussi pour les loisirs (pour gagner les routes à faible trafic). Ces petites routes dont la sécurité pourrait être améliorée, par des mesures simples mais générales comme la limitation à la construction des vitesses des voitures (mesure facile, qui est bloquée par les industriels de l’automobile) et une répression véritable des infractions routières (mais qui fait craindre aux politiques de tous bords de perdre une partie de leur clientèle).

    La focalisation des militants cyclistes sur les véloroutes et autres voies “vertes” et sur  leurs possibles (?) “améliorations” est contre-productive. PIRE : elle est nuisible à la cause de la bicyclette.

    Véloroutes et voies “vertes” ne sont qu’un témoignage parmi d’autres du primat que la société accorde aux besoins éloquents sur les besoins pressants. Une société où la mondialisation financière impose la marchandisation généralisée de l’humain et l’évanouissement de tout ce qui fait sens. Face à cette véritable entreprise de « décivilisation » contrairement à ce qu’on veut nous faire croire : il y a des alternatives. A condition de ne pas se résigner !


    DEMAIN ?  Pourquoi ne roulerions pas demain en vélo, en roller ou … en char à voile sur les autoroutes désertées par les bagnoles en panne sèche ?

 
Si, si Albert !
cesse de te fatiguer à proposer des véloroutes
sur les bas-côtés des autoroutes
que tu as contribué à réaliser durant ta carrière :
demain tes autoroutes deviendront
 les seules vraies et les plus belles des véloroutes…



DRAIS XXI


 

 
< Précédent
Design by Joomlateam.com | Powered by Joomlapixel.com |